Au revéder Laurença, que'vs trobaram de manca !

Peu de temps après le départ de Dominique, c’est maintenant Laurence Caillet que la Calandreta du Soubestre a le regret de voir s’en aller.
Cette jeune assistante maternelle originaire de Paris et fraîchement arrivée dans le Béarn a pris son poste en septembre 2009, sans rien connaître du  métier, de la langue, ni des Calandretas et de leur projet pédagogique.
Tombée sous le charme de cette petite école occitane et de la région, elle s’est donnée sans compter à son emploi. D’une aide inestimable pour les institutrices, d’une attention sans faille pour les calandrons, elle s’est également investie dans l’apprentissage de la langue. En septembre 2010, à peine 1 an après son arrivée, elle a obtenu avec brio son diplôme d'Escapolaire A2 (diplôme d’état qui valide des compétences en langue occitane).
Malheureusement, son contrat aidé de 2 ans est arrivé à son terme, et la Calandreta est contrainte de laisser partir cette employée d’exception. En effet, dans les écoles, les postes non enseignants sont très rarement pérennisés au terme des contrats aidés, par manque de moyens financiers.
A chaque changement, les enfants doivent s’adapter à une nouvelle personne, ce qui n’est pas aisé pour eux. Outre l’aspect affectif, le renouvellement incessant du personnel non enseignant pose également un problème de langue dans les Calandretas, comme dans toutes les écoles immersives et bilingues. A chaque embauche, il est nécessaire de former le nouvel arrivant à l’occitan, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain, et peut donc être un frein à  l’acquisition du bilinguisme pour les enfants. Ainsi,  à chaque fin de contrat, c’est une personne ayant acquis la compétence linguistique qui quitte l’école.
Avec la réforme récente des contrats aidés, de durée plus courte et avec des aides de l’Etat minorées, l’avenir laisse entrevoir des difficultés croissantes pour les écoles à maintenir en poste suffisamment longtemps des employés pour qu’ils acquièrent expérience et qualification satisfaisantes ; et encore plus de difficultés à pouvoir les garder une fois formés. C’est aujourd’hui le cas pour Laurence Caillet, formée et qualifiée, qui est contrainte de quitter son poste.

Les calandrons, ses collègues et l’ensemble des associatifs de la Calandreta tirent leur béret à cette petite parisienne béarnaise d’adoption qui s’est si vite imprégnée de la culture locale. Tous lui expriment leur immense reconnaissance pour son investissement dans sa mission, et même au delà.
C’est avec émotion, et en chanson, qu’ils lui disent aujourd’hui « Au revéder, que'vs trobaram de manca ! » (« Au revoir, vous allez nous manquer ! »).

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